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Publié par le 14 Oct, 2016 dans Voyage Voyager | 0 commentaire

Uber et le bateau

Uber et le bateau

Le mois dernier, le Télégramme a publié un excellent article concernant la location de bateaux partagée. Nouveau concept surfant sur la vague de Blablacar et de la nouvelle économie 2.0. D’autres entreprises tentent, depuis longtemps, de profiter de la mouvance en proposant des plateformes de particulier à particulier sur le modèle d’AirBnB, ou des skippers à la demande comme Uber. L’article notait très justement que les professionnels, « taxés et contrôlés de près, criaient à la concurrence déloyale ». En effet, le débat qui fit rage dans les rues de paris entre les chauffeurs de taxis et la fameuse compagnie Uber l’an passé menace de se reproduire dans l’industrie nautique entre les acteurs historiques, et les nouvelles technologies. Mais menace seulement.

Maritima, agent en location de voiliers, SEUL prestataire du marché à cumuler l’expérience d’armateur et d’agent, nous éclaire sur la raison pour laquelle cette révolution numérique s’arrêtera au rivage.

En premier lieu, il est important de préciser que cette vision de l’entreprise n’est ni une position de principe, ni une ringardise. Maritima est plus que conscient de l’évolution numérique du marché, et veille l’ensemble de réseaux sociaux et l’ensemble des nouvelles technologies, en présentant non seulement le site le plus moderne du marché avec des possibilités de réservation sur smartphone, mais également une application téléphone, et cherche à établir le lien le plus direct entre le bateau et le client. Maritima embrasse la modernité. Cependant celle-ci se fera sur mer différemment que sur terre.

Pour la croisière partagée tout d’abord, la réponse s’impose d’elle-même. Si lorsque l’on partage une voiture avec des inconnus, on ne risque que quelques heures, lorsque c’est le cas d’un bateau, on risque non seulement son confort, mais aussi sa sécurité pour au moins une semaine. La comparaison avec Blablacar manque de pertinence en cela qu’un trajet est un service dont nous avons besoin. Arriver à destination est notre but, le voyage n’a que peu d’importance, et l’étudiant est prêt à le sacrifier. Mais dans le cas d’une croisière, c’est bien sûr le trajet qui compte. Ce n’est pas pour rien que cela s’appelle de la plaisance.

Il subsiste cependant un certain nombre de personnes, dont le but est de naviguer absolument mais pas à n’importe quel prix, et qui seront donc ouverts à un partage du bateau. Ceux-ci, en général assez jeune, auront un budget limité, et seront peut-être même tout à fait intéressé à faire de nouvelles rencontres pour leur future croisière. Mais ceux-là ont déjà un certain nombre de services qui remplissent parfaitement ces fonctions, notamment La bourse aux équipiers, qui parfois permettent même de naviguer gratuitement, et souvent, en plus, de connaître de la qualité de leurs coéquipiers en tant que marins.

Ensuite, en ce qui concerne la location de bateau de particulier à particulier, inspirée de AirBnB, les projets fleurissent et se fanent sur la toile, à mesure que l’ubérisation de la société avance. Car si un bateau, comme un appartement, nécessite de l’entretien, on ne vit pas dans son bateau comme on vit dans son appartement. On peut mettre son appartement sur AirBnB car on l’entretient toute l’année, à l’exception de la semaine où l’on s’en va. Un bateau, on cherche à le louer un maximum, à l’exception de la semaine où l’on va le sortir. La comparaison souffre même du cas où l’on louerait un appartement secondaire sur internet car tout le monde sait gérer un appartement puisque nous y vivons.

Alors que c’est pénible à entretenir un bateau. Maritima le sait, son fondateur en a fait son métier pendant 10 ans. Et il entretenait justement des bateaux de particuliers, qu’il louait…à d’autres !

Et voilà le piège. La grande majorité des bateaux à la location appartiennent déjà à des particuliers. Le bateau s’est en fait ubérisé en premier, car déjà trop coûteux ! Le loueur, qu’il soit Grec, Croate, ou Français, n’est en fait qu’un prestataire de service chargé de l’entretien et de la gestion des clients, afin d’éviter que le propriétaire ne doive se déplacer tous les samedis et passer de longues heures à traiter des contrats et à réparer son bateau, qu’il fera de toute façon certainement moins vite, moins bien, et donc plus cher qu’un professionnel qui lui peut effectuer des économies d’échelle. A la rigueur, quelques irréductibles, vivant à côté de leur bateau, et l’entretenant eux-mêmes quotidiennement pourraient bénéficier d’une plateforme de mise en relation pour mettre directement leur cher navire en location. Mais ils sont minoritaires, et ce genre de propriétaires traditionnels a malheureusement tendance à s’éteindre.

Quant à l’agent, il est lui aussi nécessaire, car le loueur turc, monténégrin, ou espagnol, ne pourrait pas aller communiquer auprès des clients russes, français et allemands, se comparer lui-même à ses propres concurrents, et conseiller un autre pays l’année d’après (Maritima vous recommande d’ailleurs de louer un bateau à la Guadeloupe cet hiver, une nouvelle génération de catamarans est arrivée : location voilier Guadeloupe).

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