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Publié par le 16 Juil, 2015 dans Voyage Île Maurice | 0 commentaire

Le tourisme animalier de l’île Maurice

Le tourisme animalier de l’île Maurice

Casela Nature & Leisure Park est un parc animalier situé à l’île Maurice, en plein cœur de l’océan Indien. Depuis son ouverture en 1979, il abrite au sein de ses 14 hectares de nombreuses espèces d’animaux, et permet aux touristes venus du monde entier d’interagir avec elles. La rédaction de La Gazette animale l’a testé.

Un jardin d’Eden où la flore, luxuriante, est propice à l’épanouissement des bêtes sauvages : c’est l’image que donne Casela. A première vue, ce parc est un lieu magique où les animaux vivent en quasi-liberté au milieu d’une végétation aussi imposante que magnifique. L’équilibre qui y demeure n’est perturbé que par le flux incessant des touristes. Ceux-ci se rendent à Casela pour admirer les 1 500 espèces d’oiseaux qui y vivent, ainsi que les lions, tigres, guépards, tortues géantes, zèbres et autres girafes : des espèces souvent menacées que le parc contribue à préserver grâce à des programmes de reproduction et de réintroduction.

En empruntant une petite navette, les visiteurs ont la possibilité d’entreprendre un véritable safari au milieu de la faune sauvage, de nourrir des chèvres au biberon dans une petite ferme, de faire du quad en pleine brousse et même d’approcher les zèbres en segway. Mais surtout, surtout, ils peuvent toucher les fauves.

 

Ce contact de la main, ce toucher, peut paraître anodin, et pourtant, il constitue un rêve pour certains. Le lion, ce roi des animaux, est dans l’imaginaire collectif, un symbole du monde sauvage, de la puissance, mais aussi de la dangerosité. Tendre sa main vers le lion, c’est prendre le risque – aussi petit soit-il, de la perdre. C’est une formidable montée d’adrénaline que des dizaines de personnes veulent ressentir chaque jour moyennant moins de vingt euros. Vingt euros pour quinze minutes d’interaction, de caresses et de photos au sein d’une meute de lions. Comment résister à cette irrépressible envie de sentir le pelage de l’animal sous ses doigts, et de montrer ensuite à tous ses amis Facebook la photo souvenir témoignant de cet acte extraordinaire ?

Ils sont nombreux, chaque jour, à franchir les grilles de l’enclos des lions ou celui des guépards pour assouvir ce désir. Encadrés par des rangers, les touristes tiennent un simple bâton, seule « arme » dont les fauves ont appris à se méfier

casela

: l’homme qui porte le bâton doit être respecté. Ne pas crier, ne pas courir, ne pas faire tomber son bâton et ne pas s’accroupir face à l’animal sont les seules recommandations faites avant de pénétrer dans l’enclos. Les fauves ne sont ni drogués ni attachés. Ils sont libres, et ce ne sont pas les minces bouts de bois que les touristes tiennent d’une main fébrile qui les empêcheraient d’attaquer s’ils le souhaitaient. Toujours est-il qu’une fois sa crainte dépassée, le visiteur ne peut que constater l’incroyable docilité des animaux : démythifiés, ils ne deviennent finalement que de « gros chats ». Sauf, bien sûr, quand l’un d’eux se met à rugir, les crocs déployés.

Mais le parc ne s’est pas arrêté à une quinzaine de minutes d’interaction. Il propose égal

ement une activité que très peu d’autres établissements oseraient offrir : une marche avec les lions. Trois quarts d’heure de promenade dans la forêt, où un groupe d’une dizaine de touristes suit deux lionnes – en liberté totale – à la trace. L’expérience ressemble en tous points à une promenade de chien, à la différence près que l’animal promené n’est pas un canidé mais un félin de 200 kilos. Là encore, les lionnes ne sont ni attachées ni droguées. Elles sont libres de courir, de faire leurs besoins, de jouer ou de se faire les griffes sur les arbres, mais restent assez naturellement proches de la meute humaine qui les suit, permettant à chacun de s’offrir le luxe de marcher à leurs côtés, au moins le temps d’une photo. Et ce, en parfaite osmose.

Des lionceaux arrachés à leur mère

Mais comment un tel niveau de proximité entre l’homme et le lion est-il possible ? La réponse se situe dans la « nursery » des lionceaux. Il s’agit d’un petit enclos où vivent les adorables boules de poils, à quelques mètres seulement de celui des lions adultes. Quelques mètres d’éloignement qui suffisent à bouleverser l’équilibre et l’instinct naturel des lionceaux, puisque ceux-ci sont séparés de leur mère dès le plus jeune âge. Au contact de l’homme en permanence, ils sont « désanimalisés ». « On ne met jamais les lionceaux avec leur mère, même la nuit », explique un employé de Casela. C’est alors l’homme qui devient la maman lion. Il entre dans l’enclos, joue et nourrit les petits. Il devient leur seule référence, leur unique repère de manière à gagner leur confiance. Ainsi, l’animal qui aura grandi avec un homme-maman ne craindra pas l’espace humaine. Et acceptera sa présence au quotidien sans se montrer agressif, y compris celle des touristes qui défilent sans cesse pour une caresse et une photo.

Cette séparation, les lions présents à Casela l’ont tous connue, y compris ceux qui n’y sont pas nés. Les premiers arrivés ont été directement importés d’Afrique du Sud. C’est là-bas qu’ils ont été arrachés à leur mère. Lorsqu’ils auront atteint l’âge de 4 ans, ce qui correspond plus ou moins à l’adolescence, leur potentiel de dangerosité envers l’homme se sera accru. Le parc cessera alors de les mettre au contact des touristes. Ne représentant plus d’intérêt financier, ils seront envoyés ailleurs et serviront à la reproduction.

Quant aux lionceaux nés à Casela, ils tournent en rond avec nervosité dans leur espace, s’appuyant de temps à autre sur le grillage de la face de l’enclos la plus proche de celui des lions adultes. Ils le savent : leur mère n’est pas loin. Ils la sentent, ils l’entendent, peut-être qu’ils l’aperçoivent. Mais ils sont condamnés à grandir sans elle. Alors face au désarroi des petits miaulant pour appeler leur génitrice, le visiteur peut bien se demander si sa caresse en valait vraiment la peine…

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