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Publié par le 1 Oct, 2016 dans Voyage Gastronomie | 0 commentaire

L’expatriation de la chocolatine

L’expatriation de la chocolatine

Laura Perez, une bordelaise attachée aux valeurs familiales, à la fois blogueuse et rédactrice du blog lemondedeberlande.com, nous invite à connaître sa vie d’expatriée et de fan de gastronomie à travers cet article.

Le son d’une croute de baguette, la texture moelleuse et réconfortante d’une brioche matinale, l’odeur des viennoiseries qui vient tapisser mes cloisons nasales. La chaleur d’un vrai café au lait, le plaisir chocolaté en un « éclair » …Et je viens m’étendre sur la banquette de la boutique de Baker Street après un pur coït gustatif.

Quand on est expatrié, tout devient confus les premiers temps. Pour intégrer au mieux notre nouveau quotidien, on a le réflexe de mettre de côté notre ancienne vie, nos anciens acquis, notre confort qui semble si lointain et nostalgique.

Quand on est expatrié français, cela peut paraitre extrêmement primaire voir rudimentaire, mais tout est une question de bouffe. On a appris mille et une façon de faire un curry et des petits déjeuners à l’indienne (béni soit les Eddiapam), on est heureux de découvrir l’Inde à travers ses plats. Et l’on se perd peu à peu dans chaque pincée d’épices Masala qui accompagne nos journées. On oublie sans s’en rendre compte quel goût avait nos habitudes…Oui, comment c’était lorsque j’étais au pays, hein ? Tu peux me le dire toi ? C’est tellement dur de vivre intensément deux cultures si éloignées, dans un temps confondu. Je pense que le cerveau est face à un dilemme et qu’il n’a d’autres choix que de zapper pour ne pas disjoncter. Pourtant, en quelques bouffées d’air beurré, on s’en souvient. Ça y est, ça me revient.

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Oui je me rappelle de la France, de Paris, de Bordeaux…. Je me rappelle qui je suis, pourquoi je suis là, quelle est ma mission, quelle est mon identité, qu’est ce qui fait que je suis cette Laura Perez de maintenant 24 ans. Sur une petite mélodie de Piaf, je mets de l’huile dans le moteur des clichés. Je m’en fous, je m’envole pour 3 min, j’effectue un triple saut périlleux de 9000 km vers l’Ouest. Comme si on se sentait obligé de se conforter dans les stéréotypes français les plus beaufs quand on vit loin de son pays. C’est un peu comme tronquer et réduire sa culture à un mélange douteux d’accordéon, de saucissons, de fromages sur fond d’artistes populaires…Étrangement et soudainement, on est heureux. On est fier d’être une pub ambulante du petit personnage au béret et moustache qui se promène avec une bouteille de rouge.

La France est tellement plus que ça, alors pourquoi voyager et vivre loin de notre pays nous rend-t-il à ce point amnésique et puérile ? Peut-être qu’au nombre de km de rayons qui me séparent de mes racines, je remonte le temps pour redevenir une petite fille. Cette Laura s’émerveille et s’effraie simultanément devant les nouveautés, avec un regard plein d’innocence. Des yeux de jeune femme avec un filtre de jouvence. Laura a besoin qu’on la rassure, qu’on lui rappelle sa famille, qu’on lui prenne la main pour lui montrer la nouvelle route à suivre, qu’on lui dise des mots doux…Parce que oui, c’est carrément flippant. Pondichéry est l’escale dont j’avais besoin. Pour lutter contre l’Alzheimer imperceptible des voyageurs. Pour que l’on se laisse bercer près de ses rives, pour que l’on pleure notre démence, pour que l’on marque une courte pause avant de continuer à creuser dans les profondeurs du choc culturel. Merci petite chocolatine.

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