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Publié par le 7 Mai, 2016 dans Voyage Europe | 0 commentaire

Funchal, une île à part

Funchal, une île à part

Même si elle est la plus grande ville de l’île de Madère appartenant au Portugal, Funchal est très loin du chaos de grandes villes européennes. Cette quiétude est possible, car la ville est à plus de 1000 km du continent, séparée de lui par un océan. Funchal se trouve sur la côte et derrière s’élèvent, comme un amphithéâtre, les collines alentours.

Il est parfois bienvenu au cours d’un voyage de se séparer du groupe ou de ses compagnons, même si ceux-ci sont des plus agréables. Vos cinq sens ne se mettent réellement en éveil que lorsque vous vous retrouvez seul, sans personne pour vous distraire. C’est ce qui se passa dans mon cas en plein cœur de Funchal, que nous pourrions en exagérant légèrement appeler la métropole de Madère. Je fuis le groupe pour partir seule avec mon fidèle Canon. Le long de la côte de cette ville qui entretient forcément un lien étroit avec l’eau (qu’il s’agisse d’un fleuve, de la mer, de l’océan ou d’une simple fontaine), je me suis senti immédiatement à l’aise, l’eau me donnait une sorte d’équilibre.

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C’est pourquoi la promenade de Funchal devint rapidement mon endroit préféré en ville. Elle commence à proximité du parc Santa Catarina face à la marina, traverse la place Praça da Autonomia et le terminus du téléphérique (Teleférico do Funchal), qui part toutes les 20 minutes pour Monte, et termine sa course à proximité du parc Jardim do Almirante Reis. Elle n’est ni particulièrement longue ni bruyante. L’arpenter est un des plus agréables ; les gens ne s’y pressent pas, les couples s’enlacent sur un muret, profitant du bruit des vagues et des mouettes. Quelle que soit la beauté de la vue sur la mer, votre regard se porte forcément de l’autre côté, vers cette série de sculptures alignées face à de jolis bancs de pierre, entre les palmiers. Il ne s’agit aucunement de bustes de généraux ou héros locaux, mais bel et bien de structures et installations modernes. Cette allée de la création de Funchal se termine par la forteresse Saint-Jacques (Fortaleza de São Tiago), d’un jaune ardent, qui abrite la Galerie d’Arts modernes puis par un parc au gazon vallonné comportant la sculpture d’un footballeur. En la regardant de plus près, je me demandais si elle avait un lien quelconque avec le plus célèbre habitant de Madère, le célèbre Cristiano Ronaldo.

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UN DÉDALE DE RUELLES

La ressemblance de Funchal avec d’autres villes du Portugal est dans l’art de rue. On ne parle pas de graffitis ou de créations de quelques écrivains, mais davantage d’une sorte de musée à ciel ouvert. Dans chaque ruelle se trouvent des œuvres d’art, des mosaïques ou plaques sur les façades des maisons, en passant par le pavage des chaussées, combinaison de dalles noires et couleur crème.

Depuis la promenade de la côte, je pris la direction des rues aux alentours étant remplies de restaurants et cafés. C’est ici que le soir, dans de jolis petits bars, on boit un poncho sucré, cocktail traître fait avec du miel et du rhum. Prenez garde à ce breuvage jaunâtre que l’on verse d’un pichet dans de petits verres. On croit qu’il s’agit d’un simple jus de fruits inoffensif, mais après quelques verres vous ne pourrez plus accuser l’irrégularité des pavés des rues d’être responsable de votre marche difficile. Je découvris, au hasard des rues, une oasis créative dont les murs sont décorés de peintures d’endroits idylliques, de portraits, d’un grand arbre en fleurs et de petites feuilles dorées. Je fus enthousiasmée par les portes d’entrée superbement décorées. Elles s’alignent le long des ruelles comme de véritables œuvres d’art. Elles furent peintes par de nombreux artistes, dont le russe Alexandar Gontcharov. Seuls les loquets viennent briser cette harmonie. Je me suis mis à penser combien il serait agréable d’expliquer à quelqu’un où vous vivez en ne disant pas : « à gauche après la poubelle verte», mais plutôt « c’est la porte orange décorée d’un joueur de contrebasse » ou « celle avec la petite fille couchée sur la planète Terre ».

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Dans cette ville, comme dans tout le reste de l’île, personne ne vous dérangera. Vous pouvez donc librement prendre du bon temps, comme si vous étiez seuls en un endroit qui n’existerait que pour vous. Vous ne verrez pas ici de touristes qui vous bousculent avec leurs appareils photographiques, ni de stands avec des souvenirs bon marché. Je découvris cependant un petit stand derrière lequel se trouvait une vieille dame qui tricotait patiemment un bonnet en laine, vendant également plusieurs petits objets pour les jours plus froids. Je me mis à transpirer immédiatement rien qu’en regardant ses épaisses chaussettes en laine ou ses casquettes rembourrées. Je dois avouer que cela me perturba : autant de protections hivernales sur une île où la température ne descend pas sous les 16°C et où la neige est si rare que, dès le moindre flocon sur les sommets, les insulaires se mettent immédiatement à faire des bonshommes de neige avant de les ramener à la maison sur le toit de leur voiture ! Je suppose qu’une fois au pied de la colline il ne reste plus que le nez en carotte et les boutons en pierres du manteau.

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AU TRAVERS DE L’ÎLE

On ne vient pas à Funchal pour Funchal. En effet, lorsque l’on fait tout ce voyage depuis le Portugal, on vient pour un tour complet de l’île de Madère qui n’est d’ailleurs pas grande. Pour découvrir Madère dans toute sa beauté, rien de tel que de louer une voiture, hormis peut-être le vélo qui convient mieux à certaines parties de l’île. Mais sachez que certaines zones volcaniques de l’intérieur ne sont accessibles qu’à pied. Lorsque nous prîmes la route de l’intérieur de l’île, nous grimpâmes, grimpâmes et grimpâmes encore. Nous nous arrêtions souvent aux points de vue pour contempler la région. En regardant vers le bas, vers Camara de Lobos, j’eus l’impression d’être un géant contemplant ces petites maisons bariolées aux faux airs de constructions en Lego, parsemées de minuscules arbres aux fleurs violettes. Au loin, les pêcheurs naviguaient sur leurs petits bateaux bleus. Le chemin jusqu’à Porto Moniza fait désormais partie de mes favoris pour le titre de plus beau paysage ! Il me rappelait parfois l’Écosse (ancienne tenante du titre de la catégorie) et je ne fus donc pas surprise lorsque j’appris que les habitants appellent cet endroit les Madeira Highlands. Nous nous arrêtions sans cesse, la nature autour de nous étant si belle qu’il est impossible de ne pas être sous le charme. En regardant depuis le sommet de la colline, Porto Moniz, sur la côte, ressemble à un tapis de jeu pour enfants avec ses routes pour petites voitures. On remarque immédiatement cette mer furieuse qui mousse de façon quasi surnaturelle, comme si une bataille faisait rage dans les fonds marins. Il s‘agit en fait de bassins naturels qui entourent d’étranges roches nées de l’action de la lave. J’avais pris la direction de Madère sans rien savoir au sujet de l’île, ouverte à toutes les expériences. C’est sans doute pour cela qu’elle sut aussi bien me surprendre. Chaque fois que mes souvenirs remontent de ma mémoire, j’ai l’impression de sentir les parfums des fleurs exotiques ; je revois cet effrayant poisson-sabre noir sur les étals de marbre de la poissonnerie du marché ; je ressens le vent frais des Highlands ; je retrouve le goût doux du vin de chez Pereira D’Oliveira ou je me remémore les sons du Fado (l’une des rares musiques traditionnelles à trouver grâce à mes yeux) montant du restaurant Al Seta… Ce Portugal… si loin du Portugal, sut me conquérir entièrement.

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